Qu’est-ce que l’amiante-ciment ou fibrociment à l’amiante ?
Ce qu’on appelle aussi fibrociment à l’amiante, ou amiante-ciment, est en réalité un mélange de ciment et de fibres d’amiante. Généralement, ce matériau contenait 10 à 15 % de fibres et 85 à 90 % de ciment. Les fibres agissaient comme un renfort, à la manière de l’acier dans le béton armé, ce qui rendait l’ensemble particulièrement résistant, léger et durable.
Ce matériau a été inventé en 1905 par l’ingénieur autrichien Ludwig Hatschek, qui l’a ensuite breveté. Le procédé a rapidement connu un grand succès dans toute l’Europe. Le producteur le plus connu fut la société Eternit, aujourd’hui appelée Etex Group, qui est devenue le leader européen, voire mondial, de l’amiante-ciment pendant plusieurs décennies.

C’est d’ailleurs à cause de ce succès que, dans le langage courant, les termes « Eternit » et « amiante » sont encore souvent confondus. Pourtant, il faut distinguer les deux notions :
- L’amiante est un terme générique qui désigne un groupe de six minéraux fibreux naturels (chrysotile, crocidolite, amosite, anthophyllite, trémolite et actinolite). Ces minéraux ont été choisis pour leurs propriétés remarquables telles que la résistance au feu ainsi qu’une excellente isolation thermique et acoustique,
- L’amiante-ciment, en revanche, est un produit industriel fabriqué à partir de ces fibres d’amiante mélangées à du ciment, puis moulées en plaques, tuiles ou canalisations.
À l’époque, l’amiante-ciment était considéré comme un « matériau miracle », car il permettait de construire des toitures, des façades, des conduits ou encore des cloisons peu coûteuses, résistantes aux intempéries et quasi inaltérables.
Comment reconnaître l’amiante-ciment ?
C’est probablement l’une des questions les plus fréquentes lorsqu’on parle d’amiante. En effet, l’amiante-ciment est très difficile à identifier à l’œil nu, car il ressemble fortement aux matériaux en fibrociment modernes qui, eux, ne contiennent plus d’amiante.
Les indices visuels et marquages
Certains marquages ou inscriptions apposés sur les plaques, les tuyaux ou les panneaux peuvent aider à confirmer la présence d’amiante. Par exemple, on peut parfois y trouver des mentions comme “NT” (New Technology) ou d’autres codes spécifiques.
- Sur les matériaux plus récents, un marquage “sans amiante” ou “NT” garantit leur innocuité.
- Sur les matériaux anciens (avant 1998 en Belgique), il est très probable qu’ils contiennent de l’amiante.
Vérification par la date ou le fabricant
Vérification par la date ou le fabricant
Un autre critère est la date de production : si le matériau a été fabriqué ou installé avant l’interdiction de l’amiante (1998 en Belgique, 2001 dans certains autres pays), la probabilité qu’il contienne des fibres est très élevée. Dans le doute, il est toujours utile de contacter le fabricant ou le fournisseur si l’information est encore accessible.
L’analyse en laboratoire : la seule certitude
Malgré ces indices, il faut garder en tête qu’aucune observation visuelle ne suffit à confirmer avec certitude la présence d’amiante.
Pour en être sûr à 100 %, il est nécessaire de prélever un petit échantillon du matériau et de l’envoyer dans un laboratoire agréé qui procédera à une analyse microscopique.
⚠️ Attention : ce prélèvement doit être réalisé avec de grandes précautions, car la manipulation d’amiante peut libérer des fibres dangereuses. Il est donc préférable de confier cette opération à un expert certifié.
L’inventaire amiante par un expert
En Belgique, il est possible, et même obligatoire dans certains cas (vente d’un bien immobilier en Flandre par exemple), de faire réaliser un inventaire amiante.
Un expert agréé se déplace à domicile, inspecte le bâtiment et rédige un rapport détaillé qui indique :
- les matériaux contenant de l’amiante,
- leur état de conservation,
- et les recommandations sur la manière la plus sûre de les gérer (conservation, encapsulation ou retrait).
Ainsi, même si l’amiante-ciment est quasi impossible à reconnaître soi-même avec certitude, il existe des méthodes fiables et sécurisées pour en confirmer la présence.
À quoi servait l’amiante-ciment ?
Grâce à ses propriétés ignifuges, isolantes et durables, l’amiante-ciment a surtout connu de nombreuses applications industrielles. Rapidement, il est devenu un matériau très populaire dans le secteur de la construction. On peut retrouver de l’amiante dans la maison à plusieurs endroits :
1️⃣ Plaques ondulées et ardoises sur les toitures
Les plaques ondulées en amiante sont de loin l’application la plus répandue de l’amiante-ciment. Sur les toitures, il n’a pas seulement servi à fabriquer des plaques ondulées, mais aussi des ardoises de toit et même des sous-toitures.
Ainsi, une grande partie du parc immobilier ancien en Belgique est encore recouvert d’une toiture en amiante, qu’il s’agisse de plaques ondulées, d’ardoises artificielles ou de sous-toitures en fibrociment. Dans certains cas, on en retrouvait également dans le roofing des toitures plates, utilisé dans les années 1960 et 1970 pour renforcer l’étanchéité.
2️⃣ Plaques sur les murs de façade
Les ardoises en amiante n’étaient pas utilisées uniquement pour les toits : elles servaient aussi de revêtement de façade. Outre les ardoises, on utilisait aussi des plaques planes en amiante pour recouvrir les murs extérieurs.
Elles remplaçaient parfois les briques, que ce soit sur une partie de la façade ou sur l’ensemble du bâtiment. Cette solution était plus économique, plus rapide à poser et offrait une certaine isolation. Dans de rares cas, des plaques ondulées étaient également employées comme bardage.
3️⃣ Conduites et canalisations (tuyaux)
L’amiante-ciment, résistant à l’humidité et aux substances acides, était aussi très prisé pour la fabrication et l’isolation de conduites et canalisations, comme les tuyaux d’évacuation.
La plupart de ces anciennes canalisations ont déjà été retirées, mais il en reste parfois qui passent inaperçues.
Lors de travaux de terrassement, on retrouve encore parfois des conduites en amiante utilisées comme isolant. Souvent fragiles et endommagées, elles représentent alors un risque important pour la santé.
En effet, l’utilisation de l’amiante dans ce type de produit entraîne une exposition à l’amiante, reconnue par de nombreuses études épidémiologiques comme un facteur de maladies graves. Même lors de travaux de désamiantage, une mauvaise manipulation peut disperser des déchets de l’amiante, augmentant le risque pour les professionnels et les occupants.
4️⃣ Intérieur : jardinières et cheminées à base de fibrociment à l’amiante
Autrefois, l’amiante-ciment servait aussi à fabriquer des jardinières en pierre. Ce matériau permettait de les rendre plus légères tout en restant solides, aussi bien pour un usage intérieur qu’extérieur.
Grâce à sa facilité de moulage, il a également été utilisé pour divers éléments décoratifs ou fonctionnels, comme :
- des appuis de fenêtre,
- des habillages de cheminées,
- ou encore des plaques imitant le marbre.

Eternit : le plus grand producteur d’amiante-ciment
Il y a quelques décennies, Eternit était le plus grand producteur d’amiante-ciment en Europe, avec des usines réparties dans le monde entier. L’entreprise a travaillé avec ce matériau pendant près d’un siècle : sa première usine a été fondée en 1905 et elle n’a cessé la production d’amiante en Inde qu’en 2001.
Beaucoup pensent qu’Eternit était le seul producteur d’amiante-ciment, mais ce n’est pas exact. Il existait aussi d’autres acteurs importants, comme Asbestonia, Martinit et Coverit. Cependant, Eternit a fini par les racheter, ce qui lui a permis de contrôler quasiment tout le marché en Belgique et aux Pays-Bas.
La société produisait alors divers matériaux en amiante-ciment : plaques ondulées, plaques planes, tuyaux et panneaux isolants.
Lorsque l’interdiction de l’amiante est entrée en vigueur, l’entreprise (déjà rebaptisée Etex) a poursuivi ses activités en produisant des types de fibrociment plus sûrs, sans fibres d’amiante.
Le retrait de l’amiante-ciment : comment se déroule le désamiantage ?
Il faut être très prudent lorsque l’on manipule de l’amiante.
- Si l’amiante est lié et en bon état, vous n’êtes pas obligé de le retirer.
- En revanche, dans le cas de l’amiante dégradé ou si vous prévoyez des travaux de rénovation, vous êtes tenu légalement de le faire remplacer afin de limiter l’exposition à l’amiante pour vous et votre entourage.
L’amiante-ciment est généralement lié : la proportion de fibres dans le mélange est faible et elles sont bien fixées dans la matrice de ciment. Cependant, une mauvaise manipulation peut suffire à libérer des fibres et générer des déchets d’amiante, ce qui constitue un risque d’accident de travail pour les professionnels et les occupants.
Est-ce que l’élimination de l’amiante-ciment par soi-même est dangereuse ?
Attention : réaliser soi-même un prélèvement d’amiante n’est jamais anodin. Dès que l’on gratte, perce ou casse le matériau, cela crée un chantier à risque, car la manipulation peut libérer de la poussière d’amiante dans l’air. Or, cette exposition à l’amiante est extrêmement dangereuse : les fibres microscopiques deviennent de l’amiante libre, c’est-à-dire des particules invisibles et facilement inhalables. Même une faible quantité de produits contenant de l’amiante manipulés de manière incorrecte peut suffire à contaminer l’air ambiant.

Il faut rappeler que le cas de l’amiante est la deuxième cause de maladies professionnelles graves en Europe, après le tabac, notamment à cause de l’amiante dans l’air inhalé lors de travaux non protégés. Une fois respirées, ces fibres peuvent provoquer des pathologies irréversibles, parfois des décennies plus tard.
Pour éviter tout risque, il est donc fortement recommandé de confier le prélèvement et l’analyse à un expert certifié, formé à travailler dans des conditions de sécurité strictes et à limiter toute émission de poussières.
En tant que particulier, vous pouvez enlever vous-même de l’amiante-ciment lié et en bon état, à condition de respecter la loi :
- maximum 35 m² par chantier,
- uniquement des matériaux hechtgebonden (fibres bien liées),
- sans travail mécanique (pas de ponçage, sciage, perçage).
Si vous ne pouvez pas retirer le matériau lentement (par exemple avec un simple tournevis), vous ne devez pas vous en occuper vous-même. La moindre erreur peut libérer des fibres, et l’inhalation d’une seule fibre peut déjà provoquer des problèmes de santé.
⚠️ Attention : toutes les applications ne sont pas forcément liées. Les panneaux isolants, comme le carton d’amiante, ont une faible densité et libèrent très facilement leurs fibres. Ne tentez jamais de les enlever vous-même.
Faire appel à un professionnel pour enlever l’amiante de votre toit, murs ou intérieur !
Pour garantir la sécurité de votre habitation et celle de ses occupants, il est fortement recommandé de faire appel à une société spécialisée dans le désamiantage de votre maison. Un professionnel agréé saura évaluer l’état de vos matériaux en amiante-ciment, planifier l’intervention et gérer correctement les déchets d’amiante selon la réglementation en vigueur.
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FAQ : Vos questions sur l’amiante-ciment
L’amiante-ciment suscite de nombreuses interrogations en raison de ses risques pour la santé. Voici les réponses aux questions les plus fréquentes.